vue panoramique du glacier du saumon, Alaska

Le louveteau gris : chapitre 6

Sa descendance de l’espèce loup était directe, mais il différait de ses frères et sœurs dont la fourrure trahissait déjà la teinte rouge, héritage de leur mère. Lui, au contraire, tenait entièrement du père. Il était le seul louveteau gris de la portée et n’avait d’autre différence avec Un-Œil que de posséder ses deux yeux au lieu d’être borgne. Avant que ses...

La tanière : chapitre 5

Pendant deux jours encore, ils demeurèrent dans les parages du camp Indien, Un-Œil toujours craintif et apeuré, la louve comme fascinée au contraire par l’attirance du camp. Mais un matin, un coup de fusil ayant claqué soudain auprès d’eux et une balle étant venue s’aplatir contre le pied d’un arbre à quelques pouces de la tête du vieux loup, le couple détala de compagnie et mit vivement quelques milles entre...

La bataille des crocs : chapitre 4

C’était la louve qui, la première, avait entendu le son des voix humaines et les aboiements haletants des chiens attelés aux traîneaux. La première, elle avait fui loin de l’homme recroquevillé dans son cercle de flammes à demi éteintes. Les autres loups ne pouvaient se résigner à renoncer à cette proie réduite à merci et, durant quelques minutes, ils demeurèrent encore sur place, écoutant...

Le cri de la faim : chapitre 3

La journée débuta sous de meilleurs auspices. Les deux hommes n’avaient pas perdu de chien durant la nuit, et c’est l’esprit plus léger qu’ils se remirent en chemin dans le silence, le noir et le froid. Bill semblait avoir oublié ses sinistres pressentiments et quand, à midi, les chiens renversèrent le traîneau à un mauvais passage, c’est en plaisantant qu’il accueillit l’accident. C’était...

La louve : chapitre 2

Le déjeuner terminé et le rudimentaire matériel du campement rechargé sur le traîneau, les deux hommes tournèrent le dos au feu joyeux et poussèrent de l’avant dans les ténèbres qui n’étaient point encore dissipées. Les cris d’appel, funèbres et féroces, continuaient à retentir et à se répondre dans la nuit et le froid. Ils se turent quand le jour, à neuf heures,...

La piste de la viande : chapitre 1

De chaque côté du fleuve glacé, l’immense forêt de sapins s’allongeait, sombre et menaçante. Les arbres, débarrassés par un vent récent de leur blanc manteau de givre, semblaient s’accouder les uns sur les autres, noirs et fatidiques dans le jour qui pâlissait. La terre n’était qu’une désolation infinie et sans vie où rien ne bougeait, et elle était si froide, si abandonnée...